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Perspective psychohistorique sur l’autoritarisme et la démocratie : la Pologne après 2015

par Krystyna Sanderson*

Cet article est à paraître dans la revue Clio’s Psyche. Vol. 29, No 1, automne 2022.

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Résumé : Cet essai aborde le glissement politique vers la droite de la Pologne après 2015. Les caractéristiques spécifiques des systèmes autoritaires y sont explorées dans une perspective psychohistorique, comme l’abolition d’un système judiciaire indépendant, la fusion entre le gouvernement et l’église ou les restrictions des médias publics. Les méthodes autoritaires — diviser pour mieux régner, dépeindre un présent sombre et promettre un avenir radieux, ou encore dénoncer l’existence supposée d’un complot — sont discutées et des comparaisons faites avec d’autres systèmes autoritaires qui ont suivi les mêmes stratégies, comme l’Allemagne nazie, les États-Unis pendant la présidence de Trump ou l’invasion de l’Ukraine par Poutine.


Les tragédies historiques qu’a traversé la Pologne actuelle ont été influencées par la situation géographique du pays, entre autres circonstances. Cette terre a été envahie à de nombreuses reprises, d’abord au IXe siècle par les chevaliers teutoniques, puis par les Mongols, l’Empire ottoman, la Suède et les Cosaques. La Pologne a été partagée en 1772 et a cessé d’exister : elle fut divisée entre l’Autriche, la Prusse et la Russie. Plus récemment, la Pologne a été envahie par l’Allemagne nazie et l’Union soviétique lors de la Seconde Guerre mondiale.

Après la fin de ce conflit, l’Union soviétique a occupé de facto la Pologne jusqu’à ce que le mouvement Solidarité lui apporte une liberté politique longtemps désirée. De de la chute du mur de Berlin, en 1989, aux élections de 2015, la Pologne a connu un âge d’or des libertés de près de trente ans. La démocratie y était fermement établie, la presse libérale prospérait, tout comme les arts, le libre marché s’épanouissait et des produits de luxe apparurent dans les magasins. Le pays a même échappé à la crise financière de 2008. Puis, un peu comme dans un film d’horreur, les élections présidentielles et législatives de 2015 ont porté au pouvoir un candidat conservateur et eurosceptique, dont le parti détient désormais la majorité absolue au Parlement. On peut se demander qui pourrait souhaiter un système autoritaire plutôt qu’une démocratie ? Dans cet essai, je suggère qu’il s’agit d’une illustration du concept de « compulsion de répétition » introduit par Sigmund Freud. La Pologne n’a pas été capable de maintenir un système démocratique libre et a opté pour un système autoritaire oppressif. Le sociologue et psychanalyste Erich Fromm affirme que le but d’un tel système est « de se débarrasser du moi individuel, de se perdre soi-même ; en d’autres termes, de se débarrasser du fardeau de la liberté[1]. »


De « bons changements »

Le système autoritaire a été introduit dans la politique polonaise par Jarosław Kaczyński, le leader du parti politique actuel, Prawo i Sprawiedliwość, qui se traduit ironiquement par « Droit et Justice ». Nous pouvons observer la récente propension à se tourner vers des systèmes autoritaires aux États-Unis, en Russie, en Hongrie, en Turquie et dans de multiples autres pays.

Jarosław Kaczyński est populairement connu comme « l’homme-canard » car son nom kaczka signifie « canard » en polonais. Politicien rusé, Kaczyński a convaincu au moins la moitié de la population polonaise de voter pour son parti. Il affirmait que le pays était « w ruinie » (« en ruines »), que les personnes au gouvernement étaient des traîtres et qu’il apporterait « dobrą zmianę » (« de bons changements »), un slogan souvent répété, comme a pu l’être « Make America Great Again ». Kaczyński a instrumentalisé l’Église catholique, qui reste ultra-conservatrice en Pologne, pour l’aider à gagner des élections, comme l’a fait Trump avec la droite religieuse aux États-Unis. En outre, il a acheté des électeurs grâce au programme Famille 500+. Chaque famille ayant plus d’un enfant recevait 500 zlotys (environ 120 euros). Ce qui est étonnant, c’est que Kaczyński ne s’est pas présenté à la présidence : il n’est que le chef du parti. Il a préféré orchestrer la victoire de son disciple Andrzej Duda à l’élection présidentielle de 2015. D’après l’anthropologue Aziliz Gouez, Kaczyński vit seul avec son chat et n’utilise même pas le courrier électronique : il tire les ficelles dans l’ombre en attirant les mécontents, les frustrés, ceux qui sont lésés par le destin — un électorat très similaire à celui de Donald Trump.

Quels sont ces « bons changements » apportés en Pologne par le parti Droit et Justice ? En gros, ses partisans ont essentiellement violé la constitution, aboli la démocratie et institué l’autoritarisme, réduit l’opposition politique, largement muselé les contre-pouvoirs, propagé des théories complotistes, rejeté les liens avec l’Europe occidentale et promu le nationalisme polonais. Analysons certains de développements.

1. Une loi abrogeant l’existence d’un système judiciaire indépendant. Le Dr Andrzej Friszke, historien renommé de l’histoire contemporaine polonaise et adversaire déclaré de Kaczyński, a déclaré ce qui suit dans un forum en ligne :

« Si cette loi est adoptée, les fondements de la démocratie seront détruits, le droit humain fondamental d’obtenir un emploi ou d’exprimer des opinions contraires à celles du gouvernement actuel sera brisé. Tout le monde aura peur d’exprimer ses opinions publiquement, car cela pourrait être un motif de répression, de perte d’emploi, de promotion manquée, etc[2]. »

La loi a été adoptée trois mois plus tard, en février 2020.

2. De sévères restrictions à la liberté de la presse et aux médias publics. Anne Applebaum, journaliste et historienne de l’Europe de l’Est, décrit l’effet sur les médias publics lorsqu’ils sont passés sous le contrôle du parti au pouvoir :

« Les journalistes les plus connus sont licenciés et remplacés par des personnes qui avaient auparavant travaillé pour la presse d’extrême droite, en marge de la vie publique. Très rapidement, les journaux télévisés ont cessé de faire preuve d’objectivité et de neutralité. Au lieu de cela, ils ont produit des reportages déformés et ont mené de vastes vendettas contre les personnes et les organisations que le parti au pouvoir n’aimait pas. Il s’est avéré que ces vendettas n’étaient pas seulement abjectes, mais se sont révélées fatales. Pendant des mois, ils ont mené une campagne vicieuse et répétitive contre le maire populaire de Gdańsk, Paweł Adamowicz, l’accusant de tout, de la corruption à la trahison. Et quelqu’un écoutait : le 13 janvier 2019, un criminel récemment libéré, qui avait regardé la télévision d’État en prison, a sauté sur une scène au moment culminant d’un concert de charité et a plongé un couteau dans la poitrine d’Adamowicz. Le maire est mort le jour suivant[3]. »

3. Une interdiction quasi-totale de l’avortement. En octobre 2020, une loi a été adoptée interdisant l’interruption de grossesse, même en cas d’anomalie grave du fœtus. Des centaines de milliers de Polonais vêtus de noir sont descendus dans les rues du pays pour protester contre cette législation, en vain.

Une Polonaise de 30 ans, Izabela, dans sa 22e semaine de grossesse, est morte d’un choc septique le 22 septembre 2021. Les médecins ont attendu que le cœur de l’enfant à naître s’arrête de battre pour être autorisés à pratiquer un avortement, conformément à la stricte loi polonaise sur l’avortement. Les médecins ont refusé d’administrer des soins médicaux vitaux parce que le personnel de l’hôpital avait peur de violer la loi sur l’avortement. Izabela a envoyé un SMS à sa mère : « Le bébé pèse 485 grammes. Pour l’instant, à cause de la loi sur l’avortement, je dois rester allongée. Il n’y a rien d’autre qu’ils puissent faire. Ils vont attendre qu’il meure ou qu’il commence quelque chose et sinon, je peux m’attendre à une septicémie. » Plus tard, les manifestants ont scandé : « Le cœur d’Izabela battait aussi. » Il existe une situation parallèle aux États-Unis concernant la loi sur l’avortement avec l’annulation imminente de l’arrêt Roe v. Wade.

 

Fig. 1: Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté après la mort d’Izabela, victime de la législation polonaise interdisant pratiquement tout avortement (photo AFP).

 

4. Un mouvement anti-gay. Le gouvernement prend une position ferme contre les droits des LGBTQ+ et le mariage homosexuel, accusant les homosexuels d’être des pédophiles.

5. Une fusion entre l’Église et le gouvernement. La station de radio catholique ultra-conservatrice Radio Maryja devient un bras armé du gouvernement contre la sécularisation, répétant le mantra gouvernemental : « Prawdziwy Polak to katolik » (« un vrai Polonais est un catholique »).

6. La ligne du parti est « la Pologne pour les Polonais ». Il est intéressant de noter qu’après que Poutine ait envahi l’Ukraine, bombardant et tuant des civils, la Pologne a suspendu ses tendances xénophobes, se souvenant du traumatisme d’avoir été envahie par Hitler le 1er septembre 1939, et par cette identification, a ouvert son cœur et accepté à ce jour (juin 2022) plus de 3,6 millions de réfugiés ukrainiens.

7. Un sentiment anti-européen et la peur de l’Occident. Kaczyński a développé un récit selon lequel être dans l’UE, c’est être asservi, et les Polonais doivent protéger leur « dignité » en restant séparés, mais actuellement, la Pologne appartient toujours à l’Union européenne.

8. Un mouvement anti-intelligentsia. Kaczyński s’attaque à « la sous-espèce de Polonais » que constituent à ses yeux les politiciens, les hommes d’affaires et les intellectuels qui ont émergé des luttes de la Pologne d’après 1989 et ont dirigé le pays pendant près de trente ans. Ils sont désormais considérés comme des suspects, des traîtres, des hypocrites, des voleurs, l’ennemi du peuple, des agents étrangers, et pire encore.


Psychologie des profondeurs

Il existe quelques méthodes simples pour instaurer l’autoritarisme. Ruth Ben-Ghiat, dans son livre intitulé Strongmen: Mussolini to the Present[4], explore les étapes à suivre pour parvenir à l’autoritarisme. Kaczyński, Trump, Hitler et d’autres notables autoritaires ont suivi ces règles avec un grand succès.

Règle n°1 : Diviser pour mieux régner. Garder tout le monde en compétition. Kaczyński est un maître de la division. Il a divisé la Pologne en deux catégories : dobry polak (« le bon Polonais ») et le mauvais ; et prawdziwy polak (« le vrai Polonais ») contre « le faux Polonais ». Il a même inventé le terme de polak lepszego sortu (« un meilleur polonais »).

Aussi absurde que cela puisse paraître, cette approche a fonctionné. Kaczyński a réussi à diviser les Polonais en deux groupes. « Les Polonais de moindre importance » sont pour la modernisation et sont favorables à l’Europe occidentale, et « les Polonais de meilleure qualité » sont pour la préservation des anciennes traditions et le nationalisme. En outre, il existe désormais une division entre la Pologne urbaine et la Pologne rurale, qui se traduit par une division géographique entre la Pologne occidentale et la Pologne orientale. « La meilleure partie des Polonais », ce sont bien sûr les loyalistes de Kaczyński. Les emplois dans les universités, la fonction publique et les postes dans le gouvernement et l’industrie ne sont pas attribués aux plus qualifiés ou aux plus capables, mais vont aux plus loyaux. Les opposants politiques ne sont pas tolérés. Le premier acte du gouvernement Droit et Justice, début 2016, a été de modifier la loi sur la fonction publique, facilitant ainsi le licenciement des professionnels et l’embauche des valets du parti. Les emplois sont largement occupés par des membres du parti Droit et Justice, ainsi que par leurs amis et parents.

La lutte entre conservateurs et progressistes est un phénomène qui traverse la politique européenne depuis des siècles. En Pologne cependant, la lutte permanente entre les partisans d’un modèle occidental de sociétés et d’économies ouvertes, d’une part, et ceux qui mettent l’accent sur le patriotisme national et les valeurs traditionnelles, d’autre part, est devenue beaucoup plus délétère.

Règle n° 2 : Dépeindre un présent sombre et un avenir radieux. En d’autres termes, dire aux gens ce qu’ils veulent entendre, leur promettre l’Utopie, le pays parfait et tout ce qui leur manque sera fourni comme par magie. Kaczyński était excellent pour dépeindre la Pologne en couleurs sombres — « la Pologne en ruines » — et promettait un grand renouveau. Trump a promis le retour d’une grande Amérique, Hitler le plein emploi en l’Allemagne et sa domination du monde. Lorsque Poutine a envahi l’Ukraine, il a promis de rendre sa gloire à la Mère Russie.

Règle n°3 : Le leader doit toujours avoir des ennemis qui sont la cause de tous les problèmes — l’Autre. Hitler avait les Juifs, Trump avait Hillary et les Mexicains, Kaczyński a l’intelligentsia post-1989, l’Union européenne et la communauté LGBTQ+. La psychologie des profondeurs explique comment la projection, en tant que mécanisme de défense, est utilisée. Nous intériorisons des défauts de caractère indésirables et les projetons sur les autres.

Règle n°4 : Le leader est omniprésent, il possède des pouvoirs magiques. Il est un faiseur de miracles et conserve une autorité charismatique. Il est l’objet du désir ; il doit sembler accessible mais aussi distant et inégalable. Il doit être perçu comme l’incarnation de la nation. En idéalisant le leader, l’introjection — un autre mécanisme de défense — est également appliquée. Dans l’introjection, nous nous sentons et agissons comme si une bonté extérieure était devenue une réalité intérieure. L’identification avec un leader puissant se produit. Selon la théorie de la horde primitive développée par Sigmund Freud, Kaczyński devient le père de la nation, un puissant « Polonais bon et vrai d’un meilleur genre ». Tous ceux qui veulent se reconnaître comme tel le suivent dans l’espoir de lui ressembler. De la même manière, en mettant une casquette portant le slogan de Trump, ses partisans ont l’impression de participer à la « grandeur » de leur leader. Historiquement, la capuche du Ku Klux Klan ou la chemise brune nazie avaient la même fonction.

D’un autre côté, quiconque s’oppose au dirigeant est un ennemi de l’État et doit être éliminé. Au cours des cinq dernières années, la situation politique de la Pologne a atteint de tels sommets de haine, d’agression et de mépris mutuel que la possibilité même de trouver un terrain d’entente est devenue impensable. Aux États-Unis, il existe également une division irrévocable entre les républicains et les démocrates.

Règle n°5 : Les théories complotistes et les réalités alternatives sont d’excellents outils pour prendre le contrôle de presque toute opposition. Trump a affirmé que les démocrates avaient volé la dernière élection et que c’est lui, et non Biden, qui devrait être le président actuel. En avril 2010, Kaczyński a adhéré à la conspiration dite de Smoleńsk. Un avion s’était écrasé près de cette ville russe, tuant les quatre-vingt-seize personnes à bord. Parmi les victimes figuraient le président polonais de l’époque, Lech Kaczyński, frère jumeau de Jarosław Kaczyński, des officiers supérieurs de l’armée polonaise et dix-huit membres du Parlement polonais. Il s’agissait d’une terrible tragédie causée par la décision fautive du pilote d’atterrir dans un brouillard épais sur une piste peu sûre dans une forêt, mais Jarosław Kaczyński l’a utilisée à des fins politiques. Sa théorie du complot était parfois que le gouvernement russe avait abattu l’avion, ou parfois qu’il s’agissait de l’ancien parti au pouvoir. Une énorme vague d’émotion a submergé la nation après l’accident, semblable au sentiment qui a prévalu aux États-Unis après le 11 Septembre. Des actions autoritaires ont suivi. Kaczyński a utilisé la tragédie de Smoleńsk pour galvaniser ses partisans et les convaincre de ne pas faire confiance au gouvernement ou aux médias. Personne ne peut dire s’il était réellement pris d’une vengeance paranoïaque ou s’il a utilisé Smoleńsk comme un instrument pour discréditer ses opposants politiques.

Un exemple de réalité alternative fabriquée par Kaczyński est la diffamation de Lech Wałęsa, le leader du mouvement Solidarité et lauréat du prix Nobel de la paix. Kaczyński a déclaré que ce n’était pas Lech WWałęsa qui était le leader de Solidarité, mais son propre frère, Lech Kaczyński. Je peux difficilement imaginer un mensonge plus absurde et ridicule. La mort traumatique de vrais jumeaux peut provoquer un grave trouble psychiatrique. Peut-être que le chagrin non traité de Kaczyński lui a causé de la peur, de la rage, de la vengeance et de l’hystérie, ainsi que le désir de voir son frère comme un martyr, un héros, un saint. Encore une fois, Kaczyński a utilisé son traumatisme à son avantage politique.

On peut se demander pourquoi une nation dotée de traditions démocratiques aussi fortes — sa première constitution date de 1791 — et d’une histoire de lutte pour la liberté, se retrouve sans cesse sous l’emprise d’un régime autoritaire. Peut-être est-ce parce que les Polonais ont parfois tendance à ne pas s’exprimer ou à fuir la politique, ce qui correspondrait à l’époque où la Pologne était soumise à divers régimes autocratiques. Au cours de ces années, la plupart des Polonais se sont détournés de la politique pour se consacrer à leur vie privée. Une personne codépendante a besoin d’autres personnes à haïr pour fusionner avec son leader, car elle ne supporte pas sa propre solitude, ni sa peur. Elle recherche cette figure parentale pour se sentir en sécurité et protégée, ainsi que pour obtenir une illusion de sécurité en rejoignant des millions d’autres concitoyens partageant le même système de croyances.

Il est tout aussi vrai que les Polonais sont hyper allergiques aux systèmes autoritaires. Staline disait qu’imposer le communisme à la Pologne était aussi absurde que de mettre une selle à une vache. Nous nous rebellons et nous nous défendons.

Je viens d’une famille de combattants : mon arrière-arrière-grand-père Mikołaj Żuk, qui s’est battu lors du soulèvement de janvier 1863, a été exilé en Sibérie, d’où il est rentré à pied — il lui a fallu un an — en portant un crucifix en bois qu’il m’a transmis. Mon grand-père, Alexander, a combattu pendant la Première Guerre mondiale. Ma tante, Jadwiga, était dans l’armée clandestine pendant la Seconde Guerre mondiale. Ma mère a combattu lors du soulèvement de Varsovie, où le nombre de morts a été plus élevé que lors du bombardement atomique d’Hiroshima. Ma sœur Barbara et son mari Andrzej ont joué un rôle essentiel dans le mouvement Solidarité. Je reconnais la résilience polonaise qui consiste à persévérer face à ce qui, à l’heure actuelle, ressemble à une défaite.

Si l’on en croit l’histoire et l’histoire de ma famille, les Polonais n’abandonnent pas facilement. Le régime de Kaczyński n’est pas le dernier chapitre de l’histoire de la Pologne.

Krystyna Sanderson

*Krystyna Sanderson, Psy.D., LP, est une psychanalyste en pratique privée à New York. Elle est formatrice à l’Institut de formation psychanalytique. Elle écrit et donne régulièrement des conférences sur des sujets traitant de la psychanalyse en relation avec l’art, la spiritualité et l’application des principes psychanalytiques aux phénomènes sociaux et historiques. Mme Sanderson a contribué à la rédaction de l’Encyclopedia of Psychology and Religion et est l’auteure de l’essai photographique Light at Ground Zero : St. Paul’s Chapel After 9/11. Elle est membre de la National Association for the Advancement of Psychoanalysis (NAAP). dr.krystynasanderson@gmail.com.

Adaptation française du texte : Marc-André Cotton et Colin Sanderson.


Notes :

[1] Erich Fromm, Escape from Freedom, Henry Halt and Co, 1994, p.151.

[2] Andrzej Friszke, Wiadomo.co (“You Know What”), publication en ligne, décembre 2019.

[3] Anne Applebaum, Twilight of Democracy: The Seductive Lure of Authoritarianism, Anchor Books, 2020, p. 35.

[4] Ruth Ben-Ghiat, Strongmen: Mussolini to the Present, W.W. Norton and Co, 2020.